LE COIN DES VERS
La plupart des poèmes écrits sur ces pages, sont le résultat
de l'émotion du soignant, témoin vivant de la vie et de la
mort qui circulent dans les hôpitaux.
Auteur Jacques Lustik - Infirmier de nuit
La musique de fond est de M. Pierre Villa-Mélé avec son aimable autorisation
tous droits réservés ©
Index des poèmes présents dans ce site
ATTENTE
Les heures interminables s'accouplent
Avec le spectre de la nuit.
L'angoisse qui naît de cet amour
Laisse traîner la volute de l'attente
Démesurée.
Les secondes s'égrainent
Imperturbables dans ce couloir inerte
Dans lequel résonnent les pas de quelque
Soignant affairé à accomplir sa besogne.
Besogne solitaire de l'accompagnant
Solitude du malade accompagné
Vers quelle destination?
La réponse plane au-dessus des lits blancs
Qui ont déjà porté tant de questions !
Dehors, il fait noir.
Ici c'est troublant
La blouse blanche tranche l'obscurité
Qui de son voile mystérieux cache la vérité
Derrière les maux de l'incertitude.
Le jour arrive enfin, réalisant l'alchimie
Du bouleversement.
Les visages crispés se détendent.
Les acteurs de la nuit
Vont retrouver leur public anonyme.
Tout va bien ...
retour à l'index
LE CHANT DU DEPART
Je n'ai pas peur de mourir
Il y a longtemps que je m'y prépare.
Cela relève du grand art
Et je préfère en rire.
La souffrance m'emmerde et je ne veux
En aucune façon rester comme un con
Ficelé à des flacons qui rendent heureux
Un esprit lié à un corps déconfit.
Mieux vaut partir, que de rester
Là, dans un lit à m'emmerder
A attendre une délivrance en sursis.
Pourquoi attendre, pourquoi espérer
Alors que la grande faucheuse attend,
Derrière cette porte, qu'on lui dise d'entrer.
Elle n'est pas pressée, elle attend
Elle a toute la mort devant elle
Et moi, je n'ai presque plus de vie
Alors, pourquoi résister, mortel ?
Allez l'amie, fais ton boulot
Envoie un bon coup de faux.
retour à l'index
L'ENTRANT
Après avoir franchi la porte il se demanda
S'il avait réellement fait un bon choix.
La maladie l'avait conduit là,
Et il ne put se résoudre qu'à rester sans voix.
Les hommes en blanc lui ont demandé de passer
Mais lui se demande si c'est pour trépasser.
Le traitement sera-t-il la solution à son handicap ?
Pourra -t-il par la suite franchir ce cap
Espérer vivre à nouveau comme avant
Etre porté à nouveau par les quatre vents
Ceux de la vie, de la liberté, du bonheur, de l'amour ?
Il a franchi la porte, et ses pas se font lourds
Il se dirige vers un lit blanc
Entre quatre murs qui le sont autant
Il perçoit déjà son avenir
Se demande ce qu'il va devenir
Se demande s'il y aura une sortie
Vers une autre porte, loin d'ici.
Il est là, et il attend, le regard ailleurs...
Le temps semble s'être arrêté, d'ailleurs
Ici tout semble différent
Un autre monde est là, ça se sent
Est-il un numéro ou bien un être humain
Les questions défilent, il imagine demain
Il essaie de se détendre
Il essaie de se reprendre.
Sa vie semble ne plus lui appartenir
Mais il doit se battre, il faut tenir !
Ce n'est qu'une maladie
C'est ce qu'on lui a dit
Et lui, veut bien le croire
Ne veut pas être dans un mouroir.
Alors bats toi, se dit- il
Bats toi, accroche toi au fil
Celui de la vie, de l'espoir...
Allez, assez d'histoires !
retour à l'index
L'ACCOMPAGNANT
Dans l'âme du mourant se reflète un coeur
Celui d'un être d'Amour, qui bat au rythme
D'une vie qui s'en va paisiblement, sans peur ...
Un être attend, et entend au loin un hymne
Celui de la vie qui recommence ailleurs
Une vie qui jaillit des entrailles de la mort.
Une main se pose sur un corps
Un corps qui n'attend plus que son heure ...
Etre là, ne pas laisser seul celui qui s'en va
Etre là, lui dire tranquillement, ça va ...
Etre là pour l'aider à franchir la porte de l'ailleurs
Etre là tout simplement, amour et lumière
Pour cet être qui ne sait plus ce qu'était hier
Pour cet être qui redoute l'entrée dans un futur
Inconnu, silencieux, sans même un murmure ...
Etre ...
retour à l'index
QUAND LA NUIT VEILLE
Une sonnette dans la nuit,
Un appel qui retentit,
Un malade qui crie
Un infirmier vit sa vie.
C'est cela l'hôpital,
C'est cela qui se passe quand le mal
Réveille la nuit, presque silencieuse.
C'est cela l'angoisse insidieuse
Qui appelle à la rescousse
Entre deux bassins ou un urinal
Une perf qui s'arrête et que l'on pousse
Un malaise, du sang, tout ça c'est banal.
Et pourtant, dans ce chaos quotidien, habituel
Il y a ce qui ne l'est pas, dans ce duel,
Il y a le sourire, le rire, la parole réconfortante
Qui permet de lutter contre la maladie dévorante.
Des pleurs dans la nuit, une famille qui se lamente
Un être vient de partir, loin de sa tourmente
Et la vie continue, "The show must go on"...
Une sonnette silencieuse dans la nuit
Un appel qui ne retentit plus
Une chambre vide où tout s'enfuit
Un corps rigide, étendu, nu,
Un infirmier vit la mort.
C'est cela l'hôpital encore
C'est cela qui se passe quand le mal
Disparaît dans la nuit, toujours silencieuse
C'est cela l'angoisse qui détale
Et se perd dans le dédale de l'obscurité hasardeuse.
Entre deux bassins ou un urinal,
Une perf s'est arrêtée, que l'on ne pousse plus,
Le malaise, le sang, langage banal
Et pourtant, dans ce chaos quotidien habituel
Il y a ce qui ne l'est pas, dans ce duel
Il y a la larme, la gorge serrée, la parole consolante
Qui permet de lutter contre l'absence dévorante.
retour à l'index
SI
Si j'étaisDieu,
Dieu m'en garde,
Je crois que d'abord j'aurais à me méfier..
Certains me demanderaient de rendre des comptes
Pourquoi la guerre, la maladie, la mort
Et toutes ces choses qui font tant souffrir le monde...
Si j'étais Dieu, ce serait je crois
une tâche lourde à assumer !
Porter à nouveau le poids de toutes ces souffrances
Etre tenu pour responsable de toutes ces catastrophes
Ô mon Dieu !
mais grâce à Dieu, je ne suis pas Dieu
Je crois en lui très fort
Et je préfère rester un homme humble
Qui continue à placer sa foi en Dieu.
Si j'étais Dieu, certains me regarderaient de travers
En se disant, pour qui il se prend celui-là, pour Dieu ?
J'aurais beau leur dire que je suis Dieu
Ils seraient capables de me crucifier
Pour qu'à jamais je me taise...
Et après, ils viendraient se lamenter sur leur sort
En se disant qu'ils ont commis une grave erreur
Assassiner Dieu, encore, pour ne pas avoir cru en Lui !
Alors Dieu, vaut mieux que tu restes invisible
Aux yeux des humains, car ainsi tu préserves
Ton Identité, ta force ...
Ne pas te faire voir c'est cela Ta force...
Vouloir te voir c'est pour certains une preuve
De ton existence et une mise en accusation
Qui causerait ta mort...
Alors Dieu, reste présent ici et là, partout
En même temps, comme cela on sait que
Tu Es bien là, et nous pouvons continuer à
Croire en Toi, sans craindre pour ta vie !
retour à l'index
UN SOURIRE
Un sourire c'est une fenêtre ouverte sur la mer
Un sourire c'est une bouffée d'air frais
Qui pénètre dans l'atmosphère amère
D'une chambre où le moindre évènement effraie...
Un sourire c'est dire, vous n'êtes pas seul
Un sourire c'est offrir un bouquet d'amour
A ces êtres coupés de leur vie, de leurs jours
Qui attendent parfois, qui attendent souvent seuls.
Un sourire, c'est tout dire sans prononcer un mot
Un sourire, c'est l'expression totale
Qui sait en un instant soulager tous les maux
En montrant avec le coeur, que l'arme fatale
Contre la maladie, n'est pas toujours le médicament
Mais bien essentiellement et surtout
Cette simple expression d'un visage rayonnant
Qui sait dire, je suis avec vous.
retour à l'index
VOYAGE
Pareille à la mer se retirant au large
Sans faire de vagues
Elle a choisi de se retirer sans bagages
Pure et sans taches pour un autre voyage.
La mère amour, l'épouse fidèle
A terminé son travail et retourne à la source
Pour y puiser de nouvelles ressources
Qu'elle transmettra, encore plus belles
A ses enfants, à son mari, à tous ses proches
Pour leur dire encore et toujours, approche
N'aie pas peur, je suis bien là, crois en moi
Comme je crois en toi ...
Espère, aie la foi inextinguible en la vie
Avance, et suis les pas de l'amour qui luit
Il te guide sur les sentiers de ton évolution
Il te montre la voie, celle de la communion
Avec l'Eternel, avec l'Esprit immortel.
Pareille à la mer revenant du large
Sans faire de vagues
Elle a choisi de vous apporter de nouveaux bagages
Purs et sans taches, pour accomplir votre voyage.
La mère amour, l'épouse fidèle
Continue son travail et vous guide à la source.
Puisez y de nouvelles ressources ...
retour à l'index
INFIRMIER
Etre infirmier ce n'est pas un métier,
C'est une folie, c'est une gageure
Celle d'être présent, à toute heure
Pour écouter,aider,soigner,pleurer
Aussi dans son coeur...
Etre infirmier, ce n'est pas un métier,
C'est une vocation pour certains
C'est la volonté de faire avancer
Une vie qui certains matins
Ne compte plus les heures...
Etre infirmier, ce n'est pas un métier
C'est ressembler à l'amour
Quand tout se trouble alentour
C'est dire je veux vous aimer
Dans votre malheur...
Etre infirmier ce n'est pas un métier,
C'est être le passant d'un instant
Qui pose sa main sur le temps
Pour lui dire "attends"
Ce n'est pas son heure...
Et même si ce n'est pas un métier
Aimer, aider son prochain
Le soutenir, lui montrer la lueur de demain
Etre infirmier
C'est quand même un beau métier
retour à l'index
LE COURSIER
La course sans fin des tubes qui s'entrechoquent
Dans les couloirs obscurs
Résonnant des pas des coursiers de choc
Qui s'activent entre ces murs
Semblables à quelque labyrinthe
Où à la fin le corps s'éreinte.
Le bip qui résonne
Et au bout du téléphone
La voix qui hurle " Magne toi j'ai un examen urgent"
Et placide l'autre répond "Y'a pas le feu au lac "
Et la course reprend de plus belle, et l'agent
Fidèle à sa tache, continue sa route sans trac
Pour aboutir finalement à la porte
D'un service où reçu comme un chien dans un jeu de quilles
Accepte de prendre en charge soit une morte
Ou bien encore quelques pécadilles
D'extraits sanguinolents à porter ça et là
Dans quelques labos anonymes
Pour finir enfin essoufflé, devant un chocolat.
C'est ça la vie d'artiste.
retour à l'index
LA GUERRE DE LA HONTE
Peuple du monde, es-tu devenu sourd?
Ne te souviens-tu pas ?
N'entends-tu pas, ne sens-tu pas
L'odeur de chair brûlée dans les fours
Qui continue à sillonner nos mémoires amères...
Les pleurs d'enfants arrachés à leur mère
Les cris de mères séparées de leur chair
Les lamentations d'un peuple qui se terre
Aujourd'hui, fuyant les troupes de la haine.
Que faut-il donc pour que tu comprennes?
Faut-il que la course de la planète cesse
Pour que l'Humanité à jamais disparaisse ?
Comprendra-t-il cet homme, ce dictateur
Qui dirige son état comme un mauvais acteur
Qu'il ne fait qu'engendrer haine et fureur
Comme par le passé le fit un autre führer
Au triste nom d'Hitler...
Souviens-toi Homme, toi qui es responsable
Souviens-toi de ta mission sacrée
Respecter la vie qui t'a été donnée !
Et qu'en fais-tu en réalité, misérable !
Nous sommes tous coupables
Nous sommes tous des assassins
Car en vérité nous sommes incapables
D'assurer nos vies, nos destins !
Et tes enfants, peuple du monde !
Qu'en fais-tu de ces têtes blondes?
Eux les hommes du futur millénaire
Quel héritage vont-ils recevoir ?
Celui de la haine ou de la compassion
Celui de l'amour ou de la destruction
Ce sera celui de la déception
De la honte d'être des humains
Finalement pas très malins
Finalement très stupides
Aux plaisirs insipides
Mêlés de relans malsains.
Peuple du monde, ressaisis-toi !
Il est temps de comprendre
Qu'il n'est plus temps de se méprendre
Nous sommes tous sous le même toît
Nous sommes tous frères
Issus de la même terre et du même Père ...
Peuple du monde, ne te sens-tu pas honteux
Devant ce spectacle de feu et de sang
Devant cette débâcle de femmes et d'enfants ?
Crois-tu avoir le droit d'être heureux ?
Honte à toi, Peuple du monde
Toi qui laisse agir l'impie
Toi qui continue ta ronde
Toi qui accepte cette tragédie...
Peuple du monde
Sauve toi
Retrouve la foi
Avant que l'apocalypse ne gronde !
retour à l'index
LES MAUX POUR LE DIRE
Un corps qui se tord sous la douleur
Un être qui se cache dans ses pleurs
Qui attend un soulagement à sa souffrance
Qui attend un mot, un geste, une conscience
Un corps qui se prépare à partir
Un corps qui veut dire
Quelque chose
Dans une pause...
Un corps pas encore prêt, pas encore pris
Un corps et une âme qui se disputent
Qui se déchirent dans le tourment, dans les cris
Un corps qui refuse d'être rejeté comme une insulte.
Un corps malade,un esprit sain
Tous deux prêts à se quitter
Dans la quiétude, dans la sérénité
Et attendent pour cela une main...
Une main sur un corps
Une main qui dira je suis là
Une main pour créer un accord
Une main pour aller au dela...
Un corps en accord avec la mort
Vient de partir pour le grand voyage
Avec la lumière d'un accompagnant pour tout bagage.
Il est enfin libre, il dort....
retour à l'index
LA VIE ET LA MORT
Elles sont deux soeurs jumelles
Qui se complètent et se querellent
Constamment et nécessairement.
Lorsque l'une possède quelque élément
Il faut que l'autre le lui subtilise.
Que cette action soit ou non permise
Elles s'en moquent et continuent
A agir de concert sur terre ou dans les nues
Pour s'affirmer, pour crier plus fort
Pour rivaliser toujours et encore.
Elles sont deux soeurs inséparables
Capables du meilleur et de l'irréparable
Nécessaires à leur propre identité
Qui se confondent souvent dans leur activité.
L'une donne la vie
L'autre donne la mort
Et toutes deux comparent leur effort
Et toutes deux comparent leurs envies.
Quand l'une manifeste la mort du corps
L'autre récupère l'âme hors du corps
Et lui offre un nouvel habit de chair
Qui ne tarde pas à retourner en terre.
Elles sont deux soeurs
Animées d'un même coeur
Que l'une sait animer d'un mouvement
Que l'autre fait taire en un instant.
Elles sont deux soeurs
Confondues dans la nuit des temps
Qui se moquentde nos instants
Et qui avec nos joies et nos pleurs
Confectionnent la toile de cette lueur
Qui s'appelle L'Existence
Et qui depuis toujours mène cette danse.
retour à l'index
ODEURS
Dans ces lieux avides de souffrance
Les corps sont animés d'une transe
Qui appelle à la rescousse
Parce que quelquefois ça tousse
Parce que souvent les sphyncters
Relâchent leurs étreintes
Et ces envie sils ne peuvent les taire
Alors c'est la honte qui crée l'atteinte
Au moral, à l'Ame
C'est le sentiment d'une déchéance
Qui détruit tout un passé d'homme
Tout le respect d'une existence
Comme un trait que l'on gomme.
Il y a comme une odeur indéfinissable
Qui règne ici parmi celles de l'urine et de la sueur
L'odeur de l'âme qui se frotte à un corps meurtri de peur
Comme si elle désirait le quitter, car détestable...
Ce frottement, cette déchirure cet arrachement progressif
Qui génère un relan de dégoût
Faisant naître des regards tristement expressifs
Conscients d'être arrivés au bout...
Il faut pourtant tenir, lutter, s'arracher
A cette étreinte au baiser puant
Qui désire s'enivrer des derniers instants
D'une vie sournoisement bafouée.
Laissez passer ces volutes pestilentielles
Ne les regardez pas, ne les sentez pas
Ne vous occupez surtout pas d'elles
Et continuez votre combat
Continuez à vivre
A lutter
A aimer
Ivres...
retour à l'index
HEUREUSEMENT PAS TOUS ...
Marchant avec fière allure, ils se savent investis d'une mission
Et se mettent en devoir de l'accomplir avec le plus de conviction.
Démontrant avec adresse ou avec savoir leurs compétences
Elaborées au fil des années, ils exhibent fièrement leur science.
C'est extraordinaire de voir autant de savants défiler stoïques
Immuables, dans ces chambres, au regard de statues antiques
N'osant même pas prononcer un mot, pas même un bonjour
Salutaire au pauvre type qui attend, dans un roulement de tambour
Ebété, qu'on veuille bien lui dire pourquoi il est ici...
Trop précieux leur temps, ils ont tant de choses à faire !
Pareils à des vedettes de cinéma, ils aiment se montrer aussi
Raillant le petit monde qui n'est pas de leur sphère!
On attend qu'ils veuillent bien établir leurs prescriptions
Faute de quoi, le patient devra se passer de sa potion !
Et d'ailleurs, même s'ils ne sont pas tous comme cela
Supérieurement développés dans leur ego, ils aiment ça
Saper le moral de certains, abaisser les petits, flatter les grands !
Entendent ils réellement ce qu'il se passe dans les rangs ?
Usurpateurs de titres ronflants, ils s'investissent de pouvoirs
Regardant du haut de leur bêtise, la misère des mouroirs
S'imaginant être Dieu, pour ressusciter l'humble mortel.
retour à l'index
LE BUREAU
Un ordre c'est un ordre et pas question de s'y soustraire
Il faut accomplir ce qui a été dit, c'est prioritaire !
Ils s'y connaissent tellement mieux que le corps médical
Ces gens qui font fonctionner le bureau, c'est normal
Ils représentent l'essence même de l'administration
Sortent des grandes écoles, et établissent des sanctions
Si jamais le règlement se trouve avoir été détourné!
Ils dirigent nos faits et gestes et mêmes nos pensées !
Du haut de leurs étagères ils établissent des circulaires
Pour bien nous rappeler qu'ils existent, que nous sommes sur leur terre
Ces seigneurs de la fonction publique, plénipotentionnaires
De temps en temps viennent visiter leur bestiaire
Et d'une démarche hautaine, s'annoncent
Comme les maîtres des lieux, de façon austère !
Pas question de parler, il faut se taire
Les écouter, ils ont toutes les réponses !
Souvent il y a des erreurs de plannification,
C'est étrange d'ailleurs, ça tourne à la dérision
Mais il ne faut pas le dire, c'est risquer d'être rabroué
Puisque l'erreur n'a jamais lieu chez ces surdoués!
Et pourtant, quand il y en a pour un il y en a pour cinq
Pour preuve si établir un planning est assez simple
Tout le monde veut s'essayer à cette tâche aisée
Et le résultat ne tarde pas à être démontré
On retrouve sur les lieux de travail du monde en repos
Et en repos des gens qui devraient travailler !
Manque de coordination dans l'exécution des travaux
Qui se traduit par un état de pis aller...
Le Titanic à côté c'est de la rigolade
Ici l'iceberg n'est pas dans l'eau mais dans le bateau
Et le commandant ne fait qu'envoyer à la noyade
Un personnel qui ne sait pas nager dans les bureaux.
retour à l'index
AVANT
Commencez par oublier ce que vous étiez
Avec le désir de devenir le chef tout puissant
D'une équipe entièrement dévouée.
Rappelez vous ensuite, que vous étiez soignants
Et impliqués dans la noble tâche de soulager
Soigner avec amour les corps blessés.
Imaginez vous à nouveau, accomplir ces actes
Nécessaires à l'accomplissement d'un miracle
Furtif certes, mais tellement réconfortant.
Il y a des instants dans la vie, tellement importants
Réellement puissants, qu'ils laissent des traces...
Mais peut-on les oublier si vite, les rayer de la carte?
Il n'est pas impossible que certains s'en écartent
Evitent d'en reparler, hésitent à y reprendre place.
Repensez à ces moments qui vous ont fait vibrer
Si forts, ensuite nous pourrons peut-être en discuter.
retour à l'index
ISTVAN
Il est parti calmement comme il était venu,
Le sourire sur son visage calme
Témoignant de sa libération tant attendue,
De la séparation de son corps d'avec le mal.
Il aimait parler, plaisanter, et fumer.
Souvent dans le petit salon
Nous nous y retrouvions pour discuter
Avec lui c'était les rires et chansons.
Il est parti calmement comme il l'avait voulu
Certainement
Soudainement
Sans un bruit, il est reparti loin de la cohue
Des bruits, des cris, des pleurs
Pour un monde dit meilleur...
Il continuera à plaisanter là-haut, je pense
Car le rire avait pour lui grande importance.
Il est parti calmement, comme cela était décidé
Et maintenant
Il attend
Que l'on vienne le chercher, pour le guider
Vers une autre destination, inconnue
Un autre monde baignant dans les nues.
A bientôt, c'est ce que l'on dit souvent dans ces cas là
A bientôt, car certainement là aussi, on ira.
retour à l'index
PASSAGE
Là, dans ces lieux de passage et d'achèvement
Où la terre vient dissoudre nos vanités
Nos corps se trouvent débarrassés de leurs parements
pour retourner à leur état de parfaite humilité.
C'est ici que tout meurt et que tout revit
Quand la chair quitte les os de nos êtres transis
Nos esprits se retrouvent sur un même registre
Amenés à déposer leurs impressions
D'un instant si fugace, d'une mission
Accomplie le temps d'un aurevoir, d'un tour de piste,
Pour repartir aussitôt, revêtus de nouveaux oripeaux.
C'est le flux et le reflux incessant
De cette quête de l'immortalité du gisant
Qui s'accomplit au delà de son dernier repos.
Pauvres erres qui ne font que passer
Pour finalement devoir trépasser...
Leçons répétitives de l'école de la vie
Et de la mort qui nous enseignent nos agonies
Nous rappellent nos faiblesses, nos erreurs
Que nous devons comprendre, réparer ailleurs
Pour améliorer, affiner notre être spirituel
Nous élever afin d'être capables
De devenir ce que nous sommes, mortels.
retour à l'index
SALE AIR
On a tous un sale air
De savoir que l'on se moque
Que l'on se targue
Que l'on méprise
Ceux qui sont en bas
On a tous un sale air
Quand la méchanceté
Vient se mêler à nos vies
Quand la rumeur
Vient nous détruire
On a tous un sale air
Quand on voit la maladie
Qui s'évertue à détruire
A achever
A assassiner
On a tous un sale air
Quand on voit cette guerre
Ces souffrances
Ces injustices
Ces gens...
On a tous un sale air
Quand à la fin du mois
Après des heures
De labeur
On voit notre salaire.
retour à l'index
ANATOMIE
Le gros côlon se fait chier
Les poumons manquent pas d'air
L'estomac est ulcéré
Le foie se fait de la bile
Les reins laissent pisser
La vessie se prend pour une lanterne
La rate parfois se dilate
Le coeur a le sens du rythme
Le cerveau se prend la tête
Notre corps tout entier
Témoigne à sa façon
Ses émotions.
Il somatise nos angoisses
Que celles-ci en somme attisent.
Nos viscères
Ont des maux
Que nous souffrons sans mot dire
Et que pourtant nous aimerions maudire.
Ces maux qu'enserrent
Nos souffrances
Ils nous faut les traduire
Avec nos mots
Inspirés
par nos sens
Qui savent nous
Indiquer la direction à suivre
Pour trouver la cause
De ces effets pervers.
La maladie n'est la réponse
De ce que le mal a dit
Que nous n'avons pas su entendre
Et qui a su nous surprendre.
Apprenons à parler
A exprimer nos impressions
Afin de libérer les mots
Qui nous tenaillent
Eviter les maux
Qui nous assaillent.
Le corps a besoin d'esprit
Il faut donc apprendre à rire
Ainsi l'esprit a du corps
Ainsi le corps sait
Qu'il est gai
Et qu'il peut guérir
Se libérer du corset
De ses angoisses.
retour à l'index
COUP DE GUEULE
Ça m'énerve de voir que lorsque l'on fait quelque chose
Qui n'est pas de notre compétence
Et que l'on réussit à faire
Ça dérange toujours
Les gens compétents
Qui n'ont pas fait cette chose
Qui auraient voulu la faire
Mais qui n'en auraient pas été capables.
C'est un peu comme sauver quelqu'un de la mort
Sans être médecin
Et être accusé par ces mêmes personnes
De faire de la médecine illégale
Et qu'il aurait mieux valu
laisser mourir celui-ci
De façon légale !
retour à l'index
DERRIERE LA PORTE
Tout le monde
Ou presque
Voudrait savoir ce qui se cache
Derrière la Porte
Cette fameuse Porte continuellement ouverte
Et que nous craignons de franchir.
Tout le monde se la pose
Cette question
Qu'y a t-il après ?
La mort est-elle une fin irrémédiable
N'y aurait-il pas une vie
Encore, après celle-ci?
Tout le monde
Sait qu'il va passer
De vie à trépas
Et que rien
Absolument rien ne pourra l'en empêcher
C'est la vie,
C'est la mort,
C'est la règle!
Derrière cette Porte
Il y a une réponse.
Tout le monde
Voudrait la connaître
Mais seulement pour cela
Il faut franchir le pas...de la Porte.
retour à l'index
MOURIR
Ce n'est pas tant la mort qui dérange
Mais plutôt ce qui n'est plus
Nos habitudes qui se taisent
Qui meurent pour nous dire avance...
La mort ne dérange pas
Elle permet de faire vivre
Ce qui n'était pas encore
Ou qui n'était plus,
Nos identités...
Pleurer pourquoi, pour qui
Pour celui qui vient de partir
Ou pour celui qui reste
Et qui a tant besoin de celui là
Qui vient de s'embarquer ailleurs,
Alors que de son vivant on l'ignorait.
Pleurer pour qui, pour quoi
Par égoïsme
Par refus de voir de la vérité.
Laissez le partir
C'est son heure
Et puis après tout,
Pour qui vous prenez vous pour le retenir?
Nul n'est indispensable
Nous le savons que trop
Et au moment crucial de la séparation
La mort nous le fait bien savoir.
Nous tenons si fort à nos proches
Au moment de leur mort
Qu'ils étaient tant abandonnés de leur vivant,
Que nous aimerions tant qu'ils restent encore un peu
Pour nous dire ce que nous n'avions pas envie d'entendre
Ou que nous ne voulions pas admettre...
Acceptez l'inacceptable
Vivez par delà cette mort
Celle de vos fatuités, de vos suffisances
Pour retrouver votre réalité de mortel
Pour admettre que vous aussi
Un jour, vous verrez votre nuit.
retour à l'index
NOS YEUX
Certaines paroles peuvent trahir
En disant des vérités qui savent mentir
Certains mots peuvent tuer
En affirmant vouloir dire la vérité
Certains gestes peuvent être déplacés
Lorsqu'ils sont mal amenés.
Même lorsque des expressions
Fussent elles chargées des meilleurs attentions
Se manifestent de façon trop spontanées
Peuvent créer un malaise, car mal gérées.
Ne cherchez pas à vouloir être naturel
Soyez le, ne forcez pas vos intentions
Laissez vous guider par vos émotions
Qui savent vous diriger vers l'essentiel,
Car Face àvous, un regard
Celui de l'autre pas toujours hagard
Qui sait lire
Un message d'authencité, dans ce seul lieu
Qui en vous ne peut mentir, vos yeux.
retour à l'index
LES INFIRMIERES
Ce sont les petites chéries
Les amours des temps difficiles
Qui apportent le réconfort aux démunis
Abandonnés de la vie, qui oscillent
Entre l'espoir et la résignation,
Entre la vie et la désolation.
Ce sont les petites chéries
Les amours des temps difficiles
Qui savent trouver les mots d'esprit
Qui réconfortent,qui rendent tranquille
Les âmes bafouées, torturées
Par un corps perverti, asphyxié.
Ce sont les petites chéries
Les amours des temps difficiles
Qui portent un bien lourd fardeau
Sur leurs épaules si fragiles,
Sans le montrer,sans se démonter
C'est pourquoi il faut aussi les aimer.
Ce sont les petites chéries
Les amours des temps difficiles
Qui ont aussi leur petit chéri
Avec parfois des amours difficiles
Et qui pourtant continuent à oeuvrer
Sans pourtant montrer
Qu'elles aussi sont parfois meurtries
Sans souvent montrer
Qu'elles savent pleurer.
retour à l'index
NOS RELIGIONS
Loin de nous rapprocher, bien au contraire
Nos croyances nous amènent plutôt à nous taire
Et à écouter sans réagir aucunement
Les palabres issus de chaque boniment
Que chaque dimanche le cureton
Sert à ses ouailles contre un bon gueuleton.
Qu'il soit prêtre, rabbin ou autre d'ailleurs
C'est toujours le même discours, la même ferveur
Qui s'empare de l'organe tonitruant de l'officiant
Pour inciter la foule à déverser son obole
Nécessaire au bien être de ses guiboles
Qui le portent lui, le sorcier endimanché, agonisant...
Bande d'hypocrites, appelant à la chasteté
Sur l'air de "Il court il court le furet"
Qui se traduit par "Il fourre, il fourre le curé".
De toute évidence, ils n'en ont rien à cirer.
Les rabbins c'est du pareil au même
Quand ils invitent à vivre de manière kasher
Par respect des Ecritures, ils ne valent pas plus cher
Quand on les entend qui invitent à la haine!
Loubavitchs ou hassidims vindicatifs
Qui hochent du crâne par devant un mur de lamentations
Pour demander protection et consolation
Etes vous surs que vos prières effaceront vos actes corrosifs?
Critiques, haines, rejets, préjugés...
Toutes ces attitudes n'ont aucun sens de vérité
Et éloignent de nous celui de la vie.
Nous nous plaçons entre les mains de ces quidams
Qui prétendent détenir les clés du Paradis
En réalité leurs actes lysent l'âme.
Car en chaque religion c'est toujours un même Dieu...
Si la forme change, le fond est en même lieu
Celui de la foi en la paix, en l'amour universel
Mais combien comprennent l'essentiel ?
Tout se ressemble de toute façon, c'est comme ça...
Allez à Rome pour y voir le pape, par curiosité
Si vous ne le reconnaissez pas, ça peut arriver
Ce n'est pas difficile, c'est celui qui porte une Kipa.
retour à l'index
DOULEUR
Ça vous lance, ça vous tire
Ça vous fait très mal et même pire !
On souhaiterait que le monde s'arrête
Que le monde éclate, net
Ne plus être là
Etre ailleurs, égoïstement
Se dire que si on en est là
C'est justement qu'en ces moments
On se sent seul, dans sa douleur
Que rien d'autre n'existe évidemment
A part cette espèce de malheur
Qui vient frapper de façon opportune
Pour créer une situation d'infortune
Que l'on rejette comme une vieille peur.
Il ne faut plus que ça recommence
Car on ne le supporte plus
Ces élancements qui tuent
Qui balancent leur semence
De torture, de souffrance...
Franchement qu'y-a-t'il de pire dans ces instants
Qu'une saleté de rage de dents ?
retour à l'index
LA GENE
Le coeur se met à battre très vite
Les fourmillements l'habitent
La respiration se fait difficile
Le patient est soudain moins docile...
Cette tachycardie qui ne le lâche plus
Cette oppression qui harcèle son plexus
Cette angoisse qui n'en finit pas de monter
Cette peur de mourir qui vient le hanter
Le médecin qui tarde à venir
Les secondes deviennent des années
Ca y est il va mourir
Il voit toute sa vie défiler
Quand soudain un pet surgit de ce corps tendu
Un gaz bruyant, salvateur et bienvenu
Qui enfin libère toutes ces angoisses
Toutes ces peurs, toutes ces menaces.
Moralité :
Il vaut mieux péter en société
Que de mourir étouffé !
retour à l'index
LES MOTS POUR LE PIRE
Pourquoi parler si c'est pour mentir
Pourquoi sourire si c'est pour se trahir
Pourquoi affirmer si c'est pour infirmer
Pourquoi énoncer des paroles démodées ?
Tous ces mots, ces belles phrases
Qui ne font que flatter un égo qui nous rase
Nous assomment par leurs résonnances
Qui ne font qu'éparpiller leurs semences
De mauvaises herbes
Dans un champ de clémence
Où l'âme trébuche, acerbe
Et ne fait qu'attendre sa sentence...
Tous ces gens, de toutes conditions
Qui sont là, attendant les pronostics
Comme des coupables , le verdict,
Se demandent enfin ce qu'ils ont bien pu faire
Pour se retrouver confinés dans cet enfer
En attendant d'être soignés
En attendant d'être jugés
Non pas sur leurs actes
mais sur leurs maux démoniaques
Qui les rongent à petit feu
Chaque jour un petit peu
Chaque fois un petit peu mieux
Avec un plaisir silencieux.
Pourquoi taire cette vérité
Pourquoi cacher l'inéluctable
Pourquoi ne pas jouer carte sur table
Pourquoi ne pas avouer en réalité...
Pourquoi ajouter à la souffrance
Des espoirs enrôbés de confiance
Alors qu'en réalité c'est la mort
Qui gagnera au tirage au sort.
Pourquoi taire ce qui doit être dit
Pourquoi cacher ce qui doit être maudit ?
Il faut dire la vérité
Il faut accepter ce destin
Même s'il n'est pas mérité
En toute vie il y a une fin.
retour à l'index
LE TEMPS
Le temps semble long
Trop long.
Et la vie s'écoule dans le sablier
De ces lieux imparfaits
Qui font frémir
Ceux qui ne les ont jamais pratiqués.
Le temps semble long
Et la nuit ajoute à cette attente
Où chaque étoile
brille comme une seconde
Sur l'horloge cosmique.
Moments difficiles qui invitent à la patience
Les patients impatients
De savoir
Pourquoi tout ce temps si long
Pour quelques examens
Dans ces lieux
Morbides détachés de la vie
Qui s'agite de l'autre côté de ces murs blancs.
Cette vie qui dépend de ces instants
Ces instants qui appellent à la vie
Cette vie qui en un instant peut quitter ces murs
Sans un murmure
Semblant passer le temps
Effacer des instants trop longs
Pour une vie trop courte.
retour à l'index
LES BALLONS
Comme des enfants tenant leurs ballons
Au bout d'un fil dur
Ils tiennent le pied de leurs perfusions
Au bout d'une tubulure
Mais leurs pas ne les conduisent pas
Dans un parc empli de fleurs
Mais dans un couloir qui n'en finit pas
Quelquefois empli de pleurs.
retour à l'index
LA LARME
Lentement, très lentement elle s'écoule dense
Portant avec elle le poids de cette vie
Qui s'enfuit déjà, loin très loin de cette souffrance.
La lumière qui se reflette dans cet infini
Dans cette gouttelette salée
Est comme un message d'éternité
Qui semble dire adieu, c'en est fini
Je pars, je vous quitte.
Cette larme, cette arme de l'âme
S'en va seule, si petite
S'écoulant le long de cette joue
Lui faisant un dernier câlin, tranquille, calme.
La mort s'approche, tenant en joue
Ce corps qui ne peut plus lutter
Qui ne veut plus continuer.
Cette larme si petite et si dense
Dernier témoin de cette existence
S'en va entraînant avec elle
Tout le poids de cette querelle
Entre la vie et la maladie
Entre l'espoir et le non dit.
retour à l'index
LES PLACARDS DE LA NUIT
Dans les placards de la nuit
On trouve de tout des angoisses, des fantasmes, des pleurs aussi.
Si vous les ouvrez d'un coup
Vous risquez d'être surpris
Par cette accumulation d'énergie
Retenue pendant le jour
Qui appelle au secours
Qui appelle à la délivrance
Dans une sorte de transe
Que seule la nuit
Que seule l'obscurité
Est capable de créer
Dans ce silence assourdi
Par le bruit de l'absence.
Il n'y a personne et pourtant
Tout bouge, tout vit, tout a un sens.
Ecoutez ces petits bruits insignifiants
Ils prennent une telle ampleur...
Mais le jour arrive déjà, sans retard
Les oiseaux chantent en choeur
Et il faut renfermer ces placards...
Nous les réouvrirons plus tard !
retour à l'index
ANONYME
Untel est mort hier et pourtant pas une ligne, pas un mot
Dans le journal ou à la radio.
On l'aimait bien cependant
Mais cela n'a pas d'importance
Pour les autres
Qui n'ont pas connu son existence.
Il est parti comme on doit le faire
Une fois dans sa vie
Parce que cela est de toute façon nécessaire.
Il a été, il a vécu, il est parti
Mais qui s'en inquiète après tout ?
C'est le sort commun qui nous attend
Mais en général on s'en fout
Tant que l'on peut passer son temps
A passer ...
retour à l'index
REGARDE
Plus tu avances, plus cela s'agrandit
Plus tu te sens petit
Plus tu t'interroges.
Regarde cette immensité qui se dérobe
Regarde ces luminaires célestes
Si petits et pourtant si grands !
Regarde ces gens si grands
Et pourtant si petits
Plus tu t'en rapproches
Et plus ils enflent leur ego
Et plus tu t'interroges.
Regarde ces fatuités terrestres
Qui ignorent tout de leur âme.
Regarde ces regards vides
Avides de pouvoir
Tout avoir,
Tout savoir.
Regarde ces couleurs et ces sons
Regarde cet invisible
Qui nous entoure
Qui nous pénètre
Regarde ton passage éphémère
Sur cette petite terre
Regarde cette insignifiance
Regarde ce vent qui nous balaie
Regarde
Regarde et tu comprendras...
retour à l'index
MURPHY
Ca arrive quand on ne s'y attend pas
D'ailleurs si on s'y attendait
Ca n'empêcherait pas
Que cela arrive, en fait.
Les emmerdements, les vrais , les grands
Les peaux de banane puissance dix
Qui viennent toujours avec malice
s'imposer à vous sans prendre de gants
Pour vous demander si ça baigne !
C'est là effectivement que l'inondation commence!
Le robinet qui fuit à outrance
La prise de courant qui fout une châtaigne
Les tapis qui nagent la brasse
Le plancher qui boit la tasse!
De toute façon il y a un début à tout...
La goutte ou l'étincelle
Petites causes qui génèrent un peu partout
Les catastrophes qui s'amoncellent.
C'est pourtant la réalité ce genre d'événement
Quand tout va bien, on commence à s'interroger
Pour savoir si ça va durer
Si ce bien être sera constant.
Et puis non, il y a toujours un grain de sable
Petit événement détestable
Qui vient vous empoisonner la vie...
On veut le chasser, s'en débarrasser
Et en fin de compte on se fait harceler
Par une plage qui en est remplie
De ces grains, de ces galets, de ces rochers !
Vaut mieux toucher à rien !
Quoi que tu fasses, tu risques de tout bouleverser
De recevoir sur les reins
Ou en plein sur la gueule
Un piano à queue, une baignoire, une meule
Un paquebot, que sais-je encore ....
C'est la loi de l'emmerdement maximum
Qui vous prend à bras le corps
Pour vous expédier en plein dans le décor
De je ne sais quel capharnaüm...
Tout est instable, sachez le !
Ne touchez à rien
Cet objet vous déplaît, laissez le!
En un mot, ne faites rien.
retour à l'index
IRONIE
Qu’elle est belle
Je l’aime
Elle m’aime
C’est le grand amour
Celui qui rime avec toujours
Même si un jour ça doit finir..
Mais on ne veut pas y croire
On s’installe dans son illusion
On renverse des préjugés
On se cogne l’âme aux aléas du destin.
Puis un jour ça casse,
Ca blesse
Ca fait mal
On souffre, un peu beaucoup
Puis on recommence.
La leçon numéro deux
Suivie de la troisième
Et ainsi de suite
Jusqu’au moment ou s’éveille la conscience
Celle qui t’envoie un bon coup de pied
Occulte
Qui t’ouvre les yeux
Pour qu’enfin tu voies
Le véritable
Amour de ta vie
Celui qui vient frapper à ta porte
Pour te dire
N’attends rien
Vis tout simplement.
retour à l'index
LE PASSE
Le passé est un poison,
Qui à coups répétés
Pousse la même chanson,
Avec une rémanence exacerbée
Qui imprime sur la toile
De l’instant, des expressions,
Des rires, des pleurs, des émotions
Recouvertes du voile
Du regret qui instille immuable
Des larmes ou bien des souvenirs.
Le passé voudrait tant revenir
Mais cela il n’en est pas capable…
Comme les anciennes amours
Rencontrées au carrefour de la vie
Elles reviennent un jour
Pour finalement mourir dans l’oubli.
retour à l'index
SOUFFRIR
Seul, loin de tout et de tous, le regard vide
Oubliant les moindres traits du présent, livide
Usurpant une apparence de calme
Feignant de croire à la bonne âme
Fustigeant la maladie d’un regard âpre
Riant avec tristesse sur un sort injuste, macabre
Avec pour compagnon une perfusion presque vide
N’osant même pas appeler au secours
C’est comme cela que l’on part de nos jours
En souffrant, ignoré d’une médecine rigide.
retour à l'index
NE TOUCHEZ PAS A LA RUE DES ROSIERS
Ne touchez pas à la rue de rosiers
Ce symbole chargé de vérités
Cette rue toujours habitée
Cette rue toujours en liberté.
Que ce soient les sephs ou les ashké
Qui s’y rencontrent hiver comme été
Ce sera toujours le pletzl de l’amitié
Ne touchez pas à la rue des rosiers
Car si vous touchez à la communauté
Craignez la colère des entités,
Car les juifs d’hier ne sont pas oubliés
Ils sont toujours rue des rosiers
Où ils y partagent les souvenirs et les idées.
Ne touchez pas à la rue de rosiers,
Ce serait détruire un lourd passé
Chargé de ces âmes pour la plupart déportées
Dans des lieux lointains et désolés.
Ici dans la rue des rosiers
Se trouve le creuset de la fraternité
Qui continue à illuminer un monde éclairé
Jadis respecté, aujourd’hui bafoué.
Ne touchez pas à la rue des rosiers
Là où les yidlak et les feujs peuvent parler
De leur histoire et rigoler.
Ne touchez pas à la rue des rosiers
Lieu de rencontre du monde entier
Où juifs et goys aiment se croiser
Discuter, acheter, plaisanter
Ne touchez pas à la rue des rosiers
Lieu enchanteur et enchanté
Où tous ceux qui viennent y flâner
Viennent de toute façon abandonner
Leurs différences consacrées
Pour ne penser qu’à festoyer
Et s’unir dans une même destinée
Celle de l’Humanité.
Ne touchez pas à la rue des rosiers
Venez-y quand vous voulez
Vous-y rencontrerez l’amitié
Venez-y simplement y parler
Vous y trouverez une écoute aiguisée !
Ne touchez pas à la rue des rosiers
Laissez là ces odeurs et ces chansons
Qui témoignent d’un passé animé
Oú l’on vendait tsibeles et cornichons
Car le marché était dans la rue
Et chacun y était le bienvenu
Alors vous tenez toujours à y toucher
A la rue des rosiers ?
retour à l'index
AUX DISPARUS DE L'INIMAGINABLE
Je n’y étais pas et pourtant j’y suis
Je ne les connaissais pas et je les entends
Fils de déporté, loin d’avoir vu la nuit
J’imagine avec effroi ce que fut ce temps.
Les vieux, les enfants
Les hommes , les femmes
Tous séparés, tous ignorés, tous dans les camps
Pour finir finalement dans les flammes.
Quand je pense à l’impensable
Quand j’imagine l’inimaginable
C’est la nausée qui s’empare de moi
Et je ne peux que poser cette question : pourquoi ?
Qu’est ce qui s’est passé ?
Quel est ce cauchemar insensé ?
Toutes ces familles décimées en un instant
Et envoyées à jamais dans le néant…
Pourquoi a-t-il fallu que vienne la shoah ?
Pour qui, pour quoi , pour quelle foi ?
Tous sans exception sont partis à jamais
Rejoindre leurs ancêtres qu’ils aimaient
Mais trop tôt, oui beaucoup trop tôt
Car les enfants ne doivent pas mourir
Ils sont la vie, ils sont animés par leurs rires
Et là, ils sont partis noyés dans leurs sanglots
Séparés de leur mère, de leur père
Ils ont crié,, ils ont crié si fort
Trop fort, et en sont morts !
Tout s’éloigne, tout se perd
Loin dans le dédale des souvenirs
Loin dans une mémoire qui n’est pas la mienne
Mais qui est plongée dans mes gênes.
Un jour je le sais, je vais mourir
Moi aussi, mais ce sera facile de partir…
Je n’ai pas connu l’enfer de ces camps
Oú beaucoup n’ont pas eu le temps
De se préparer à quitter leur corps.
C’est là l’horreur qui habite cette mort.
Pas une prière pour tous ces anonymes
Enfouis dans la fosse et la cendre
Qui demandent tous dans un même hymne
Que l’humanité finisse par apprendre
Que la Liberté commence dans l’égalité
Et se continue à jamais dans la fraternité.
retour à l'index
GRANDEUR
Grandeur d’âme de ces gens qui sont là
Pour aider, aimer, donner leur amour
A leurs proches , aux autres aussi alentour.
Aimer sans condition, aimer comme cela
Aimer parce que c’est naturel
Aimer à tire d’ailes
Aimer comme l’on sème
Aimer dans un simple poème.
Partir dit-on c’est mourir
Mais mourir c’est également revenir
Pour ne plus jamais quitter
Ses enfants pour l’Eternité.
Aidez ceux là qui vont partir
Ils ont tant donné pour votre avenir.
Aimez tout simplement
Soyez naturellement.
La vie n’est qu’un cycle
Une danse rituelle
Où les amours éternelles
Sans cesse s’appliquent
A vous donner l’espoir
De tous vous revoir
Un jour, au delà de cette vie
Afin d’élever votre esprit.
retour à l'index
JE NE SAIS PAS
Je ne sais pas
Je ne sais plus
Quoi faire et pourtant
Tout à faire.
S’occuper des autres, leur donner plein
Tout le reste
Encore
Je ne sais pas .
Quitter cet hôpital
Y rester pour eux
Les autres ,les malheureux
Ceux qui souffrent qui appellent
Je ne sais pas,
Partir pour où
Quelque part ici et là
Fuir pour revenir.
Repenser à ceux-ci que j’ai vus
Que j’ai aidés à vivre
A mourir…
Dur de partir quand on est attaché
A ces lieux
A ces murs
A ces gens
A Dieu.
Adieu
Je dois partir, tout laisser
Tout ? vraiment tout ?
Je ne sais pas.
La vie est là qui appelle.
Dehors aussi il fait beau
Dehors aussi il fait triste.
Parfois, souvent, toujours
Les temps changent
Je ne veux pas
Ne peux pas laisser ainsi
Ce que j’ai vécu, senti, aimé.
Mais hélas je dois partir
Il le faut…
Alors, je sais maintenant
Que quoique je fasse
Je ne saurais jamais
Pourquoi je ne sais pas.
retour à l'index
NOUS NOUS RETROUV...AMES
Il m’arrive de me laisser porter par des flots,
Ceux des larmes, d’un cœur qui semble isolé
A la recherche de l’âme sœur sur un îlot.
Cet amour, il me faut le redistribuer,
Je ne puis le garder seul, il est trop fort.
Qui pourra m’apporter ce réconfort ?
Bien qu’étant pris, je me sens libre
Car en mon esprit, vibre une fibre
Qui ne cesse de murmurer, de chanter
Un nom, un visage qui ne cesse de hanter
Mon âme. J’ai beau me dire, qui suis-je ?
De quel droit ma pensée ainsi s’érige ?
Je ne puis, je n’ai pas le droit de m’imposer
Et pourtant je sens une émotion exploser
Que je ne puis contenir
Que je ne puis enfouir.
Je ne te connais pas vraiment et pourtant
Je ressens dans cette espèce de courant
Qui me parcourt , un air de déjà vu
Comme une chanson bien connue.
Il n’y a pas de hasard dans les rencontres.
Pourquoi a-t-il fallu que le destin me montre
Le visage toujours présent d’un être passé ?
Je ressens toute la force de la destinée
Qui me pousse à dire, je t’aime, sans le savoir.
Aimer, un sentiment, une belle histoire
Déjà vécue, déjà partagée, déjà envolée…
Quelque chose que l’on veut recommencer
Car trop beau, inoubliable, ineffaçable.
Les retours dans les vies ont cela de remarquable
Qu’ils nous font nous retrouver, de toute façon.
En cela, la vie nous offre une belle leçon,
Celle d’apprendre à nous améliorer toujours
Et cela ne peut se faire sans passer par l’Amour.
Etions nous frère et sœur ou bien même amants ?
Qu’importe, un lien plus fort que le sang
Circule en nos esprits pour nous rappeler
Que nous serons toujours, bien avant d’avoir été…
Quelle étrange situation que de se retrouver
Parfois étrangers , mais souvent enlacés.
La mission n’aura de cesse lorsque deux
Ne ferons qu’un, pour ne plus se dire adieu.
En l’instant précis, le chemin se poursuit
Et je peux dire que de jour comme de nuit,
Je le suivrais, sachant qu’il me mènera
Inexorablement vers l’aube de mon aura.
Ne cherchons donc pas à comprendre,
Laissons nous guider et surprendre
Par des sensations spirituelles totalement vraies
Qui permettront de trier le bon grain de l’ivraie.
retour à l'index
Reconnaissance
Ma vie aurait été un enfer insurmontable
Si jamais, je n’avais pu te rencontrer
Toi ma seule énergie véritable,
Toi ma seule inspiration à m’apporter
La foi en mes actes, en mes paroles.
Je suis, et resterai constamment ainsi
Fidèle à cette grande et belle école
Qui m’a enseigné les règles de la vie.
Merci à toi, qui a su me diriger
Merci à toi qui ne m’a pas rejeté
Merci encore pour ta présence
Toute emplie d’une si belle conscience
Qui chaque fois me donne la force
D’apporter à chacun le réconfort
Et la joie d’accepter son sort.
Je sais que je n’ai pas à bomber le torse
Lorsqu’une mission est accomplie
Mais, de joie je me sens empli
Lorsque la souffrance a été vaincue
Par un sourire ou un bon mot.
Merci à toi qui a toujours su
Comment vaincre les maux.
Enfin, et pour toujours
Sois sur que jamais je ne trahirai
Les engagements réellement vrais
Pris envers toi : AMOUR !
retour à l'index
AMOUR
J'aime le faire, le dire et le chanter
Le faire avec amour sans s'essoufler.
Dire des mots qui chantent la vie
Des mots d'où, des mots d'ici
Des mots de tous les jours
Et pourtant des mots d'Amour,
Aimer les répéter et les entendre
Pour celle que j'aime, si tendre
Pour celle que j'aime
Pour celle qui m'aime
Depuis bientôt trente années
Depuis ce temps jamais lassés
Nous aimant comme au premier jour
Peut être un peu plus lourds
Mais toujours légers dans nos étreintes.
Elle est ma vie
Toujours mon envie
Elle est ma pensée
Elle aime à penser
Je l'aime, je le dis et le pense
Elle m'aime, me le dit et me le pense
Nous sommes comme avant
Nous sommes comme toujours
Et nous irons d'un même pas
Malgré les troubles et les tracas
Dans la même direction
En faisant attention
Que nos mains toujours se tiennent
Alors que le dernier instant advienne.
retour à l'index
Merci de m'avoir lu ... pour me contacter Jacques Lustik